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La crue de la Seine de 1910

Il y a 100 ans, la Seine sortait de son lit, paralysant notre Ville. Rappel des faits.

La Crue de la Seine

Deux épisodes précédents de crue d’envergure, en 1658 (8,81 m à l’échelle du Pont de la Tournelle à Paris, la plus importante crue de la Seine) et en 1740 avec une hauteur atteinte de 7,90 m, inciteront les autorités à mettre en place un observatoire au milieu du XIXe siècle.

L’ingénieur Eugène Belgrand (1810-1878) crée en 1854, à la demande du Préfet Haussmann, le service hydrométrique. Effectuant des relevés quotidiens, ce service prévoit, dès novembre 1909, une crue d’importance suite aux épisodes pluvieux successifs remontant à septembre. En décembre, la pluviosité excède de 50 % la normale saisonnière.

Les débordements débutent le 18 janvier 1910, l’Yonne, le Loing et le Grand Morin sortent de leurs lits.

La Seine est en crue le 26 janvier provoquant la panique dans l’ensemble de son bassin. Le pic de la montée des eaux sera atteint le 28 janvier avec 8,62 m à l’échelle du pont d’Austerlitz. La situation reviendra à la normale le 16 mars.

Les journalistes de l’époque se saisiront de l’évènement pour relater par le menu, les tragédies vécues par les habitants évacués à la hâte de leurs maisons inondées et dévastées, l’héroïsme des sapeurs pompiers et des militaires dépêchés sur place, la réactivité des municipalités votant des secours, la solidarité et la générosité des citoyens du pays.

Ils laisseront dans les mémoires de plus d’une génération, une vision apocalyptique de la partie la plus peuplée de la nation paralysée par les eaux : activité commerciale et industrielle suspendue, liaisons ferroviaires quasi interrompues, lignes de métro englouties, gaz et électricité coupés, eaux de consommation contaminées, destructions de matériels industriels, d’édifices et de maisons, pertes de matériaux et de denrées.

Les dégâts sont estimés à quelques milliards d’euros. On déplorera cinq morts surtout parmi les sauveteurs.

Le 9 février 1910, l’Etat met en place une Commission des inondations chargée d’analyser les évènements et de préconiser des aménagements, dont la construction de barrages réservoirs en amont du fleuve, la surélévation des murs des quais, l’approfondissement du lit de la Seine.

On retiendra deux évènements à Dammarie-lès-Lys. L’usine des eaux est endommagée. L’usine Jacquin, pour ne pas arrêter sa productivité et ne pas mettre au chômage ses employés, suite à l’arrêt de distribution de l’eau et à la contamination des nappes, se fait livrer l’eau potable par tonneaux. Les ouvriers du bassin melunais perdront dans leur salaire 2 530 journées de travail.

La Maison Blanche à Vosves, restaurant près de l’écluse, est totalement submergée.

Le Conseil Municipal de Dammarie-lès-Lys votera, le 24 février 1910, un secours équivalent à 506 euros pour les victimes des inondations.

Le chroniqueur de L’Indicateur de Seine-et-Marne dans son édition de reprise du 29 janvier 1910, après 4 jours d’interruption faute d’électricité, se hasardera à commenter : « L’inondation actuelle… a quelque chose de grandiose et d’impressionnant ».


Sources : Archives Départementales de Seine-et-Marne La Crue de 1910 à la Une, Aquadoc France, Diren Ile de France, Melun à la Belle Époque de René Charles Plancke.


Appel : Si vous possédez une trace photographique de cet évènement, contactez le service des Archives au 01 64 87 44 37.

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La Bonbonnerie Jacquin

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La crue de la Seine de 1910

La Crue de la Seine 2

 


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