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Une unité de méthanisation à Dammarie, un projet ambitieux et innovant

Une usine de méthanisation pourrait voir le jour dans quelques années à Dammarie-lès-Lys pour produire de l’énergie verte. Trois question à François Blanchon, adjoint au maire délégué à l’urbanisme, à l’habitat et au développement durable.

Pourquoi implanter une usine de méthanisation à Dammarie-lès-Lys ?

François Blanchon : Notre ville est le lieu idéal car le site d’installation proposé au Syndicat Départemental des Energies de Seine-et-Marne (SDESM), pilote de ce projet, répond à un critère essentiel : la proximité avec les matières nécessaires au fonctionnement de cette unité de méthanisation. En effet, en l’implantant sur les bords de Seine à proximité de la station d’élimination, nous disposons à portée de main des boues des stations d’épuration. On réduira leur incinération au profit du processus de méthanisation (voir encadré). Le bio-méthane produit pourra notamment servir à faire fonctionner l’incinérateur. Un cercle vertueux verra ainsi le jour ! Il est important de préciser que nous n’empièterons pas sur des zones naturelles et protégées, la construction du bâtiment se faisant sur un site déjà industrialisé.

Pourquoi la ville est-elle favorable à la méthanisation ?

L’avenir de la planète n’est pas dans le biocarburant. Ce dernier est principalement issu de la destruction de ressources alimentaires, tandis que le bio-méthane est issu de la décomposition de déchets organiques. C’est donc un projet évident si l’on souhaite agir en faveur du développement durable. Contrairement à ce que l’on pense, les unités de méthanisation nouvelle génération ne produisent pas de pollution olfactive. La seule gêne éventuelle serait le passage des camions qui sera cependant très limité, les boues arrivant par des tuyaux souterrains.

Quels sont les partenaires de ce projet ?

F.B : Nous sommes nombreux entre la CAMVS, Energie Posit’if, la ville de Dammarie-lès-Lys, GDF, la Communauté de communes Vallées et Châteaux, des agricultures, industriels et syndicats. Et bien évidemment le SDESM à la tête de ce projet, et dont le dynamisme du président, Pierre Yvroud, doit être salué. Ensemble, notre contribution s’élève à 4 millions d’euros sur un projet qui en vaut près de 12 millions. Il devrait en effet bénéficier de subventions (3,4 millions au total) de l’ADEME, de la Région, du Conseil général ou encore de l’Agence de l’eau. Ces demandes sont en cours. Pour le montant restant, le SDESM va faire un emprunt bancaire. Il envisage aussi de créer une structure multi-partenariale pour porter ce projet, telle qu’une société d’économie mixte (Sem). Il pourrait établir un contrat de vente d’énergie qui  permettrait d’amortir le coût des installations.

A travers la construction d’un méthaniseur, la ville ainsi que l’agglomération expriment leur volonté affirmée de s’inscrire dans la transition énergétique. Contrairement à l’éolien ou au solaire, plus complexes et plus coûteux à mettre en place mais dans laquelle la ville n’exclut pas de s’inscrire, ce projet est pragmatique et reflète bien la démarche de l’équipe municipale.

Rappel

La méthanisation est le processus naturel de dégradation de la matière organique telle que les déchets agricoles (résidu de culture, fumier équin…), de cantine, agro-alimentaire ou les boues de station d’épuration. En se décomposant, ils produisent du bio-méthane, mais aussi de la chaleur et de l’électricité. Ce gaz, injecté dans le réseau, pourrait à l'avenir alimenter la flotte de transport en commun Melibus et l’usine d’incinération des boues.

Le saviez-vous ?

La loi de transition énergétique a pour volonté de favoriser le développement de 1 500 méthaniseurs au niveau national.